Cafeïne

30 janvier 2017
Sometimes what brings the kids together is hating the Lunch Lady ! -Micheal Scott -#Fucktrump
Biographie

Près de quatre années suivant les dernières frasques du dandy montréalais, Xavier Cafeïne refait des siennes en mode turbo et présente New Love. Enregistré à Montréal, puis mixé dans le Grosse Pomme, l‘album est imprégné de New York, où Xavier a posé  ses pénates dans les quartiers généraux de Gus Van Go (The Stills, Les Trois Accords, Priestess, Vulgaires Machins) pour raviver ses élans bien ancrés dans le punk rock de la première heure.

Glaneur, si ce n’est archiviste, au cœur de la genèse du mouvement, c’est quelque part entre les mythiques Lower East Side et le East Village que Cafeïne redore son froc et nous envoie cette nouvelle galette en pleine gueule. Ouvrant les valves de ses excès et canalisant le tout en dix titres carrés, le colosse érige un mur de son galvanisé de refrains solides comme la pierre.

Délaissant les tendances lo-fi de son prédécesseur (Bushido) pour renouer avec l’esprit amplifié qui avait donné ses lettres de noblesse à Gisèle (2006), le musicien persiste et signe ici un gravé coulé dans le béton des grandes cités.Plus que jamais inspiré, tant par les déclinaisons hardcore que la brit pop – en ne reniant jamais les Bowie et Iggy de ce monde –, il se commet pour la cause dans la langue de Shakespeare, donnant ainsi libre cours à ses affinités marquées pour les genres de la frange féroce.

Du coup, si sur la forme l’opus explore les idylles musicales de Cafeïne, sur le fond, il se veut un voyage dans les tréfonds d’un cœur brisé. Sorte de fragment d’un discours amoureux en dix temps, New Love se présente en clair-obscur parcourant les différents plateaux d’une chute sentimentale – à la dure.

Les chroniques d’une chute de longue haleine dans lequel le rockeur plonge sans retenue, y distille l’essence, y colle des riffs de guitare gros comme ça, des lignes de claviers tendues au possible, et livre un album qui cumule 20 ans de rock ferme. Abouti, dense, éclectique et porté par un souffle sans compromis, voici l’album que tous attendait de lui : New Love

Fidèle à ses habitudes, l’homme orchestre y assure l’ensemble de l’instrumentation qu’il ponctue de son timbre à la fois tonique, nonchalant et expéditif.

Auteur-compositeur-interprète multi-instrumentiste, Cafeïne n’est pas un nouveau venu dans le paysage musical. Figure mythique s’il en est de la scène indé du milieu des années 1990, du temps où il écumait déjà les tavernes de la métropole avec son groupe, cette période tulmutueuse lui laisse de nombreuses anecdotes, quelques images, mais surtout deux disques épris de spontanéité : Mal éduqué mon amour (1998) et Pornstar (2000). Après une escapade dans la langue de Shakespeare avec l’album Artificial pleasures (2004) sous le nom de Poxy, Xavier renoue avec ses racines pour Gisèle (2006), puis Bushido (2009) trois années plus tard.

Manifestement, au terme d’une pause de près de quatre années, le titan est bien loin d’avoir poussé son dernier rugissement.

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